Phrases du bout du monde

– Toi qui vois tout, partout, toujours. Dis- dis, ils sont où ?

– Chère enfant – très chère enfant. Avec tes jolis yeux bleus écarquillés. Ne vois-tu pas le désert autour de toi.

– (Tout en se tortillant les jambes, l’une sur l’autre.) Toi, toi qui vois tout et nulle part. Toi qui sais tout des phrases du bout du monde, des soupirs des fontaines et des gruaux de la vie, les as-tu vus ?

– Chère enfant, jolie enfant de 7 ans (il se caresse la barbe blanche, s’entortille l’index dans l’évanescence muette), je les ai aperçus.

– (les mains jointes de rubans roses). Dis – dis. Toi qui sembles connaître tout – de la vie, des livres et des paniers garnis- qui as-tu vu ?

– Chère enfant – très chère enfant aux jolis mains, aux boucles de satin et à la grammaire des reines, ne les entends-tu pas ?

– (Elle dresse l’oreille, fronce ses sourcils). Dis ? Toi qui ne connais plus rien – que le vent au souffle de soufre – quand le désir expire, es-tu toujours disponible ?

– (Grand soupir. Il renifle) Sur ma langue, glissent les parcelles de vie. Lentement- surement. Et pire que la vie, s’étire de nulle part où se dressent des bribes de vent et de sable. Ils sont et resteront sous le pont des soupirs et de Mirabeau.

 

Ce contenu a été publié dans Atelier au Long cours. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.