Le cochon

– Ouh la la.
– Ouais comme tu dis.
– Donne-moi ton olive.
– Non.
– Allez fais pas ta grue, sale autruche. Balance le noïau !
– Mais non je te dis. C’est moi qui l’ai payée. Donc je la garde. ET si tu continues, je te braise.
– Mais tu en as les yeux, ma biche !….
– Ah mais vous les cochons…tous des gros porcs ! Et pas qu’à marée basse hein ! Vous pensez vraiment qu’à ça. Qu’à ça ! Mais quel malheur que tous les hommes ne vous mangent pas. Pour des soi-disant règles liées à un soi-disant très Haut !… N’importe quoi ! Franchement, tu t’es vu ? Et pourquoi Dieu aurait-il voulu vous épargner ? Vous êtes des bêtes immondes. Nauséabondes.
– Hey oh du calme là ma grande. Ersatz de girafe ! Tu veux que je te dise oui. Je vais t’expliquer. Parce que je te dégoûtepeut-être, mais moi je sais. Je sais, et je vis. Libre ! La queue en tire-bouchon, mon ventre gros comme un ballon, et mes joues grasses et roses comme…bah comme un cochon. Oui donc, je te disais. Oui, voilà. Pourquoi, tu demandes ? Eh bien parce qu’on mange tout, nous. Je dis bien tout. Les herbes, la viande, les os. Tout. La boue, les graines, le tissu. Tout, vraiment tout. Du coup, on mange même des hommes. Morts, à la base. Mais vivants aussi, quand il y en a qui sont un peu trop énervés. Du coup, comme Dieu leur a interdit de se manger entre eux, bah par digestion interposée ils ne peuvent nous manger. Point.
– Ah bon ?
– Et ouais. Alors le gros porc, tu sais ce qu’il dit à l’élégante autruche toute plumée ?
– Non.
– Eh bien cours cocotte, le fusil se rapproche !

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