« tout est dans tout & réciproquement »

« tout est dans tout & réciproquement. »

Cet axiome était porté en lettres d’or sur le mur derrière le bureau du professeur Tabarin. Tous les patients qu’il convoquait à l’Institut Gustave Verin l’avaient en face d’eux.

La plupart restait de marbre, n’y comprenant rien & de toutes façons, ils n’étaient pas concernés. Certains se disaient « non devins » & affectaient, avec un art consommé, une paresse apparente qui cachait au fond une belle folie.

Le chef d’établissement n’était pas dupe ; mais néanmoins sa grande expérience des délires humains, des fameux « coups de folie » ne l’aidait en rien dans la compréhension des besoins vitaux de tous ces pauvres gens.

Sa maitresse, Marie, beaucoup plus jeune & inexpérimentée que lui, simple aide-soignante, voyait avec son cœur ce que l’autre ne voyait pas avec sa tête.

Elle, elle les aimait ses divagants qui parlaient sans aucune bonne manière, la nuit, le jour, de la vie qu’ils n’avaient pas eue ; mais dont ils rêvaient très concrètement avec force détails & émotions.

Marie ne trouvait pas les mots qui lui auraient peut-être permis de décrire & de faire vivre à son amant tout l’élan vital que chacun des fous internés chez lui portait en lui, à s’en rendre malade.

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