« L’odyssée d’une vie »

Je partirai.
Un jour, loin, là-bas pour écrire une histoire, la mienne, je me perdrai dans des rues sans nom,d es voyages épiques, laisser une vie blême, pour les couleurs d’autres pays.
Je serai Ulysse mais je ne reviendrai pas. A quoi bon puisqu’aucune Penélope n’attend plus mon retour, aucune femme aimante cousant et décousant son ouvrage pour me laisser le temps de revenir. Aucun enfant ne m’attend assis sur les marches d’un escalier pour me raconter sa journée, prendre son goûter.
Aujourd’hui, je n’ai plus rien.
Tout juste cette envie d’ailleurs, vivre mon odyssée de vie puisqu’ici je ne peux plus apprécier la symphonie. Tout est dissonant. Les sons, les images me semblent d’une autre époque. Les mots parviennent à un autre que moi.
Ce matin, en sortant de l’hôpital, je l’ai fait. J’ai acheté ce billet. Aller sans retour. Sans pincement au coeur. Pourtant je n’aurais pas cru. Moi toujours nostalgique, je pars bientôt. Seul. A jamais. Pour payer mon tribus à ces vies.
Culpabilité, responsabilité, meurtrier. Des mots. Je vais reprendre vie ailleurs dans des lieux assourdissants de musiques, des paysages saturés de couleurs vives, je vais tenter. Comme une infime chance. Chance, enfin, je ne sais pas, comme autre chose en tous cas. Laisser derrière son être et e chercher un autre ailleurs. Prendre une autre identité. Recommencer. J’oublierai. Oui j’oublierai. Je le veux. Cette guerre qui m’a pris tout ce que j’ai.

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