Ma cabane à la mer

Finalement, je ne sais pas si je vais partir. Je regarde François avec les yeux ronds. Pourtant, quand il a parlé de la mer, j’étais vraiment partante. Les séjours à la mer, c’est mon truc. Je suis comme une gosse. D’abord, on arrive et de la route on la voit qui scintille sous le soleil. Je ne sais pas si vous avez remarquez, le jour où on arrive à la mer, il fait toujours beau. Et le lendemain, bien sûr, il flotte. Alors qu’on n’a pas eu le temps de se baigner. Mais bon, moi j’aime : le vent, les embruns, les crêpes, tout ça. Et le soir, être au chaud, avec un bon bouquin.
Or, c’est pas très clair, mais à un moment François a parlé d’une « petite cabane ».
« Une petite cabane ? Je sais pas si tu as remarqué, mais on est en janvier, là, et en février, ça sera pas beaucoup mieux ! »
Après, je ne l’ai plus entendu. François faisait des gestes dans tous les sens, et j’ai perçu des bribes. Poêle. Couvertures douillettes. Bouillotte. Super romantique.
J’ai juste fait comme à chaque fois que je panique. Je bloque toutes les entrées, nez, bouche, oreilles, j’arrive même à ne plus voir avec les yeux ouverts. Comme ça rien m’atteint, je peux faire genre que j’ai pas compris.
Le coup de la petite cabane, c’est juste pas possible. Il y a longtemps que j’ai dit non au camping, c’est pas pour donner dans la cabane.
Au bout d’un moment, François s’est arrêté. J’en ai déduit qu’il avait fini son argumentaire.
« Tu sais quoi ? Et si on allait chez ta mère ? », hasardai-je.

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