Bonheur en retard

Lundi matin et comme d’habitude, je suis en retard. Pourtant, j’aime bien mon cours d’italien du lundi matin.
Je suis en retard, pas parce que j’ai flâné dans les rues de Paris à la recherche d’une jonquille, une jonquille qui annoncerait l’arrivée du printemps.
Je suis en retard, pas parce que j’ai passé mon week-end à jouer et que j’aimerais bien continuer en ce lundi matin.
Je suis en retard parce que je suis bloquée derrière un camion. Un camion-poubelle ? Un camion de déménagement ? Non, juste un camion à la con qui s’est mis en travers de la route et qui a ouvert toutes ses portes. On dirait une boîte de conserve géante, ce camion. C’est la nouvelle mode, paraît-il, un camion où l’on peut faire la cuisine, un food-truck, ça s’appelle.
Moi, j’ai un peu l’impression, en ce lundi matin, que c’est comme à l’armée, on y distribue des rations de nourriture pour la journée, comme si on voulait nous distribuer des rations de bonheur.
Je suis en retard ce matin parce que je suis témoin d’une expérience bizarre et étonnante. Pourquoi le propriétaire du camion s’est arrêté juste au milieu de la route ? Pourquoi nous impose-t-il sa conception du bonheur ? J’en veux pas de son camion et de son resto à la noix ! Je veux aller à mon cours d’italien du lundi matin. M’évader comme je le veux, libre d’être heureuse sans que qui que ce soit m’impose ses choix.

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