De derrière les montagnes …

Il était 6h., le jour apparaissait pour la centième fois depuis notre départ de Belle-Ile-en Mer. Il faisait froid & ce matin encore & encore le vent de nord-ouest piaulait dans les haubans & faisait battre les drisses contre les mâts.

Jules venait de terminer son quart qu’il avait pris en milieu de nuit. Il était exténué, trempé jusqu’au slip malgré sa combinaison de survie qu’on ne quittait plus depuis que nous étions sous les 40èmes. Il avait dû éviter en catastrophe les growlers qui filaient à fleur d’eau, tels des poignards de glace. Et reprendre du génois, par 2 fois, ainsi qu’un troisième rie sur l’artimon.

Pierrot sorti de son sommeil, était monté sur le pont tout équipé, son harnais une fois crocheté, il avait pris la barre. Devant, comme depuis 3 jours, des montagnes d’eau grises & blanches d’écume montaient à l’assaut de leur cotre breton.

Le vent puissant couchait à inter-vals imprévisibles le bateau à toucher la baume dans l’eau.

Chloé, qui prendrait le quart suivant, dormait bien calée par les barres anti-roulis.

Julien se glissa tant bien que mal jusqu’à sa bannette. Retirant ses bottes, il se disait que, malgré l’ambiance de tambour de machine à laver qui régnait dans le cockpit, il serait bon de s’allonger & de dormir.

Pierrot savait que le pire était à venir, car il avait pris la météo avant de sortir & avait vu que le baromètre de bord s’était littéralement effondré : 720 hpa.. Du jamais vu pour eux. Certes, en travaillant les « Pilots chartes », il savait ce qui les attendait.

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