Le berger

Georges était berger, comme son père et le père de son père avant lui. Il aimait la ligne de l’horizon et les vastes terres sur lesquelles il emmenait paître ses bêtes. Il connaissait la topographie des lieux et s’enchantait, été comme hiver, de l’odeur de la tourbe chaude, du bruissement des ruisseaux et des vent sifflants. Cette terre silencieuse et intacte lui donnait le sentiment de l’infini, de paix, de vérité. Le métier était difficile, le salaire de misère mais Georges s’en accomodait. Il n’en changerait pour rien au monde. les fleurs de printemps, les brumes d’hiver, les lumières de l’aube, les fins de journée entre chien et loup. Il était connecté à la Pachamama, elle l’avait nourri depuis toujours et continuerait, s’imaginait-il, à le faire demain. Il n’avait su, ni pu, construire de foyer sur ces terres laissées pour compte où la société était réduite à sa plus simple expression. La taverne de Harry, la quincaillerie de Sally, le bureau de poste de Mrs Jones. Georges était un terrien, il venait de la terre et y retournerait.

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