Le Jules Verne

« Je n’oubliera jamais ma rencontre avec ce gardien de nuit pas comme les autres. »

1998, Karachi, Pakistan. Un rickshaw me conduit au Jules vernes où la marine nationale a décidé de me faire servir en qualité de maître d’hotel pour le carré officier et de brancardier. Nous levons l’ancre et traversons l’océan indien pour rejoindre Djibouti. C’est mon premier quart. Aprés m’être désanglé, je revets ma combinaison, saisis ma lampe torche et me voilà à trois heures du matin errer dans les coursives, à l’affût de toute singularité suspecte. Je pousse la lourde porte de l’infirmerie, vérifie le niveau des bouteiles d’oxygène, la présence de voies d’eau puis continue méthodiquement ma tournée. Ce premier tour de ronde est improbable. Etrange sensation que de se sentir dans le ventre de la machine, perdu au milieu de l’océan. Rien n’est familier.  Sur le pont supérieur, j’entends un pas lourd et je distingue la silhouette de cet autre gardien de la nuit qui s’avèrera ne pas être tout à fait comme les autres…

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