Mise à nu

Comment montrer ce que je ressens en ce moment. Sans mentir. Viser la sincérité. Exprimer précisément ma joie ou ma douleur. Mon envie sans qu’elle ne dévie. Je ne peux pas mourir sans l’avoir dit. Mais dire quoi ? C’est tellement intime et personnel. Moi-même aurais-je les mots. Je pourrais essayer de les mimer. Ballet de signes et d’expressions. Je ne vais tout de même pas les meugler, ce serait vache. Je n’ai pas l’envie de martyriser les mots, ils sont trop beaux. Je ne peux pas les mépriser, je les aime trop pour cela. Mesurer mon propos. Avoir les mots justes, pas seulement les maux de douleur. Le temps me lance, sans que je n’avance. J’aimerais me mouvoir plus légèrement, bouger mon corps subrepticement. Revenir à la simplicité, sans duplicité. Me regarder dans un miroir sans pour autant choir. Avancer dans la vie, arrêter le déni. Manger le mal sans que cela soit capital. Je ne sais pas si un jour je pourrais parler, me montrer, meugler ou me martyriser. Les heures filent et je vois que tu te défiles. Seras-tu mon guide ou une toxine ? Ce matin me trouve méconnaissable. Je serais sage comme une image. Demain, j’irais à l’atelier collage. Sur ma feuille un cormoran sur un arbre, tel un médicament.

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