Page blanche

Je suis partie en petites foulées. J’ai failli me remettre au sport mais, il faut se rendre à l’évidence, je n’étais pas prête. Je m’étais fracturée le tibia il y a quelques mois et ma jambe gauche était encore fragilisée.
Au lieu d’être exigeante avec moi-même, j’aurais mieux fait de me faciliter la vie : j’aurais pu aller fouiner dans le grenier pour redécouvrir des souvenirs bien cachés. J’aurais alors fabulé et embelli mon passé pour que mon histoire soit belle à raconter et à transmettre.
J’aurais aussi pu papillonner, pas d’homme en homme, j’entends, ça, ça ne sert à rien. Autant prendre son temps pour trouver la bonne personne que je voudrais bien butiner, celle qui m’apportera du miel et du soleil dans la vie, celle qui saura me protéger.
En regardant mes souvenirs dans le grenier, je constate avec effroi que je me suis souvent trompée. Aujourd’hui, avec ma jambe qui ne me soutient pas encore très bien, je laisse un rai de lumière me réchauffer le visage en tournant les pages de mon passé.
Le cahier s’ouvre sur une page blanche. L’arbre dehors y jette une ombre, une petite tache qui joue sur la page. Je ferme les yeux pour comprendre cette image, celle qui se dessine aujourd’hui sur cette nouvelle page de ma vie. Est-ce un cormoran ? Il serait méconnaissable mais bon, j’ai envie que ce soit un cormoran, un guide pour mes prochains pas, pour mes prochaines pages.
Sur mes pages, je collerai du bonheur qui coulerait du matin au soir et du soir au matin, à chaque heure de la journée. Je n’aurais pas besoin de médicaments, de toxines pour me donner un semblant de bonheur.
Le bonheur est en moi. Reste à l’écrire, reste à le vivre sur ces pages blanches. C’est l’ombre du cormoran qui me l’a dit.

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