Un garde à mes côtés

Lorsque j’y repense, j’en ris encore…

 

Sébastien dort là, à mes côtés. Le clocher de l’église a sonné le rappel de brebis égarées, au loin.
Sébastien ne travaille pas ce dimanche.
Je me lève, enfile un peignoir et me dirige vers la terrasse surplombant la plage.
Comment en suis-je arrivée !à, moi, l’indécrottable citadine ? Aujourd’hui, pour rien au monde, je ne quitterais ce lieu magique où est né mon amour.

 

Ma vieille tante Berthe s’était cassé le col du fémur. Ma mère m’avait priée, à genoux, d’aller lui tenir compagnie. « Va prendre la relève ! Je n’en peux plus ; elle m’épuise, à geindre continuellement ! ».
J’avais pris le train vers la mer, forcée à poser des congés pour une destination imposée. Car je haïssais la mer, son sable qui gratte, ses coquillages qui s’enfoncent dans les voûtes plantaires, et tout le tralala. Les corps couleur écrevisse cuite, les grands brûlés… PI-TOY-ABLE.
J’étais arrivée chez Berthe. Première surprise : une parabole surmontait le toit. Mince ! Elle est câblée, la vieille !
Et je me suis occupée d’elle, ai essuyé ses jérémiades perpétuelles… Claquée, je me suis affalée sur le soja, ai pris la télécommande, zappé. Entre 2 fermetures de paupières, une voix attira mon attention. Envoutante, elle disait : « Au creux d’une anémone, on pouvait voir l’immensité bleutée entourer le récif flouté par les milliers de planctons. » Emue de tant de beauté, je pris le téléphone à portée de main et appuyai sur la touche n°1, celle du numéro préféré. Enfin, chez moi, je tape sur 1 et Janine décroche. J’avais juste oublié que ce n’était pas mon téléphone que j’avais entre les mains.
Une voix masculine répondit :
– Garde-côtes bonjour. Sébastien à votre écoute. Allô ? Madame Dumas ?
– Non, c’est sa nièce.
– Pardon ? Elle est…
– Non, elle dort. Mais elle vous appelle souvent ?
– Attendez ! Qui êtes-vous ? Jamais elle n’a parlé d’une nièce.
– Ecoutez, monsieur, Berthe a une sœur, Claudine, qui vient de passer 2 semaines chez elle, puisqu’elle s’est cassé le col du fémur. Vous le savez, non ? Et moi, fille de Claudine, je gère la phase 2 du nursing. Et je peux vous garantir que ce n’est pas un cadeau !
– Ah bon ? En fait, c’est Bruno qu’elle appelait tous les jours. Elle se disait abandonnée, comme un radeau à la dérive. Alors Bruno passait la voir. Bougez-pas, on vient tirer ça au clair avec Nono.

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