La fleuriste

La fleuriste d’en bas se sentait un peu seule. Elle était belle, elle sentait bon, toute enveloppée du parfum de ses fleurs. La compagnie de sa perruche et de son chat angora ne lui suffisait plus. Même si l’une lui faisait la conversation et l’autre des câlins tout doux.
Le matin, elle se levait très tôt pour aller choisir les fleurs du jour. Elle revenait les bras chargés d’une montagne de pétales, de tiges et même de quelques épines qui lui écorchaient les épaules et les biceps. Ça lui avait fait de jolis dessins ces petites cicatrices laissées par des fleurs rebelles.
Dans l’arrière-boutique, elle chantait et sifflotait en composant ses bouquets d’une rose, d’un glaïeul, de feuillages, d’un lilas. Jamais de lys, elle n’aimait pas les lys. Curieux pour une fleuriste. Tous ces collègues s’acharnaient à en mettre dans leur bouquet. Mais elle, non. Sa vie n’était pas lisse. Pas question d’y mettre un lys, trop odorant, une fleur qui cherche trop à se faire remarquer, à se faire sentir.

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