Nid douillet

Un beau matin d’hiver, Paul, un peu rabougri de la veille et de sa folle nuit dansante, buvait son café légèrement sucré. Un oiseau piaillait dans la chaudière. Il avait eu la flemme de faire tout le voyage vers les tropiques et avait trouvé refuge chez Paul ou plutôt dans sa chaudière.
Il avait bien repéré les moments où la chaudière s’agitait un peu pour éviter les retours de flamme. Quand Paul voulait prendre soin de son corps et être plus qu’élégant, le petit oiseau serrait ses pattes et ses ailes contre son petit abdomen et se calait loin du gaz bleuté.
Ce matin, Paul avait le visage béat de celui qui a passé une bonne soirée et qui la revit à chaque gorgée de café. Il avait du soleil plein les yeux. Quand il était dans cet état-là, l’oiseau pouvait dormir tranquille, même près des flammes, pendant encore au moins deux heures.
Paul avait fini son café. La lune allait se coucher et faire place au soleil. Les rêves allaient faire place à la réalité et aux courtes journées d’hiver. Le spectacle et la magie allaient s’envoler jusqu’à la nuit prochaine.
Paul aimait la nuit. Le jour, beaucoup moins. Ses obligations le rattrapaient et lui ne voulait que rêver et sourire à la vie. C’est pour ça que l’oiseau avait choisi de faire son nid chez lui.

Ce contenu a été publié dans Atelier au Long cours. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.