Autour du feu

Elle leva les yeux vers le ciel. Les étoiles jouaient à cache cache avec la fumée. Cette fumée blanche qui montait alimenter par un feu de bois qui distillait une lueur orange sur tous les alentours. Il faisait froid au-delà de sa barrière. Elle aimait ce contraste. La chaleur presque insupportable qui brûle le visage et les mains et ce froid qui transperce jusqu’aux os dans le dos. Aujourd’hui, ils avaient parcouru 50km à vélo. 50km de plus dans leur périple. La fatigue commençait à se faire sentir, mais la joie d’être ensemble et de se dépasser était encore plus forte. Elle les regarda un à un, tous autour du feu de camp. Elle les aimait tous, même si parfois vivre 24h/24 à quatre était compliqué. Leur petit groupe ressemblait un peu à une toile abstraite. C’est vrai, ils ne se ressemblaient pas, un peu comme ces couleurs qui ne devraient pas se mélanger. Et pourtant, tous ensemble, ils formaient ce tableau qui même si il ne faisait pas complètement sens, apportait un sourire aux lèvres. Corentin partit quelques instants pour aller chercher de l’eau à la rivière qui coulait près de leur campement. Il avait fabriqué un petit quelque chose pour porter l’eau, avec une branche et deux seaux que leur avait prêté l’agriculteur qui les laissait occuper ce  bout de champ. Ils l’avaient rencontré en fin d’après-midi alors qu’il rentrait de la chasse son fusil à l’épaule et sans hésiter il leur avait proposer de camper sur ses terres. Une fois les seaux posés, Corentin prit sa guitare et commença à jouer. Elle était toujours impressionnée par son talent. Sans partition, il inventait des mélodies envoutantes. Souvent du jazz manouche. Les filles l’écoutait jouer sans rien dire. Puis, elles décidèrent de lancer un jeu. Un papier et un crayon, il ne restait plus qu’à commencer un Pictionnary. La partie dura un moment avant qu’ils ne se décident à aller se coucher. Ils devaient continuer à rouler le lendemain. Elle commença à enlever les pâquerettes qu’elle avait piquer dans ses cheveux lors de la pause du midi. D’un coup de terre, Claire éteignit le feu qui déversa ses voluptes de fumée pour continuer à jouer avec les étoiles. Tout le monde se coucha en pensant à la nouvelle journée, avec cette douce odeur du feu de bois imprégnant chaque recoin de leur être.

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