Impression de printemps

C’est drôle, ce matin, cette impression de printemps. Pourtant, c’est novembre, alors quoi ? Est-ce que ce sont tes paroles ? Cet air doux qui entre par la fenêtre entr’ouverte ? Est-ce que les tensions qui fatiguent mon corps ces derniers temps se dissipent ? J’avais perdu confiance, à force d’incertitude. Donner du temps au temps, dit une expression que je ne comprends pas. Mais ce matin, c’est vrai, je prends mon temps. Le temps de rien. Le temps d’écouter. De la tempête d’hier, il ne reste rien. J’entends le ressac, la mer est lourde et s’affaisse d’un coup, charriant les galets à rythme régulier. Il faisait si sombre à 15h que j’ai dû allumer la lumière et le poêle. Hier. Je ne veux pas penser à demain. Parce que je sais que tu seras parti, comme tu pars à chaque fois, lorsque quelques jours de notre bonheur se sont écoulés. Tu ne préviens pas, simplement, tu t’en vas. Tu refais ta valise calmement. Et je retrouve dans tes gestes, la même lenteur, la même application qui te caractérise, quand tu défais ta valise. Tu poses tes habits sur la commode, méticuleusement, tu formes des piles. Ensuite, tu te diriges dans la salle de bain et tu poses ta brosse à dent à côté de la mienne. Je te regarde et je ne dis rien, toute à la joie de ta présence. Je sens alors comme une lumière et j’aime cette tendresse infinie qui nous lie. Et dans ta valise, toujours, ce petit recueil de poèmes que je t’ai offert il y a longtemps déjà, si longtemps. Mardi, j’irai chez le docteur, mais je ne t’en ai rien dit encore. Peut-être seras-tu déjà parti.

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