s’allonger sous le cerisier

Il aimait les jours d’été s’allonger sous le cerisier. Il y avait du soleil comme s’il en pleuvait. Du soleil partout sur la terre. Les feuilles du cerisier bougeaient à peine. Elles masquaient le ciel bleu intense qui recouvrait la terre. Le silence. C’est ce qui lui plaisait en été ici. Le silence sous le cerisier qui recueillait les morceaux d’été éparpillés. Il s’enfonçait dans le silence le corps calé sur l’herbe. Il y avait des tâches de soleil sur lui et autour de lui. Il n’avait jamais pensé à les attraper. Un insecte brisait le silence qui repartait aussitôt. Au loin il entendait un enfant pleurer. Mais si peu. Il ne pensait rien. Il souhaitait que ce moment dure jusqu’à la tombée du soleil. Les rayons du soleil s’accrochaient partout et brûlaient tout. Le soleil caressait la plante de ses pieds. Il aimait ça. Il ne bougeait pas. Le soleil rimait avec oubli. Plus rien n’avait d’importance que ce moment là. Intense rêverie, songe libre, apesanteur égarée il ne voulait pas que ça s’arrête. Il savait que le soleil tournait autour du cerisier. Et que c’était faux. Il a ouvert les yeux. Le soleil est passé de gauche à droite de son corps. Dans le ciel bleu juste au-dessus du cerisier la lune s’est installée. Elle attend pâlichonne lointaine hautaine. Allongé il voit que le soleil a fait rougir des cerises. Il s’en fera des boucles d’oreille. Tout à l’heure, seulement tout à l’heure. Il est bien les yeux ouverts fixés sur le cerisier qui le domine. Les cerises se détachent des feuilles qui se détachent du bleu du ciel. Il n’a jamais imaginé le soleil ailleurs qu’ici. Et encore juste avec lui.

Sabine L

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