Instant interrompu

Hélène essayait tant bien que mal de méditer. Mais aujourd’hui, le monde avait décidé de l’en empêcher. A peine avait-elle commencé que le facteur sonnait à la porte. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, il apportait la belle robe qu’elle avait commandée. Néanmoins, quel mauvais timing. Elle était ensuite retournée dans le jardin pour reprendre sa méditation. Assise à genou dans l’herbe du jardin, face au soleil. Elle soupira puis essaya de se plonger dans ses pensées. Les seules qu’elle eut furent de savoir quand elle allait pouvoir mettre sa robe ou si elle avait rangé la cuisine. La méditation ne venait vraiment pas. Alors elle ouvrit les yeux pour absorber le calme et la beauté ambiante. Mais le soleil malgré sa chaleur a ses inconvénients. Elle se mit en effet à éternuer encore et encore. Elle se tourna donc dos au soleil. Elle inspira profondément en laissant son regard dériver sur les fleurs du jardin. Enfin son esprit s’apaisa et elle se sentit doucement glisser. Mais tout à coup, un bourdon vint troubler le silence. Il lui tournait autour, cassant complètement sa concentration. Elle le chassa d’un revers de la main. Le silence était revenu dans le jardin, le soleil ne lui chatouillait plus le nez, mais à présent cette vieille douleur au genou refaisait surface. Hélène s’assit en tailleur et abandonna. Pas de méditation pour aujourd’hui. Pour autant, elle ne voulait pas reprendre le cours de son quotidien. Cette parenthèse était bien trop douce, même en étant interrompue. En glissant sa main dans sa poche, elle rencontra un morceau de papier. Un vieux ticket de caisse. Elle le sortit et se souvint qu’elle avait retenu ses cheveux avec un crayon. Alors à défaut de méditation, elle s’accorda une échappée dans l’écriture.

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