J’ai cru voir mon reflet heureux

J’ai cru voir mon reflet heureux, ce matin, au saut du lit. Etait-ce grâce à la douleur décroissante ? J’ai si mal ces derniers temps. On m’a administré de bonnes doses de morphine, mais ce n’était pas toujours efficace. Le chat dort avec moi. Il sent que j’ai besoin de sa présence, de sa chaleur, de sa douceur. La nuit, peut-être aussi, m’a éclairée. Il faisait chaud, si bien que j’ai poussé les volets pour faire entrer l’air frais. Il y avait la lune, juste en face de moi. J’ai cru qu’elle me parlait. Elle m’a parlé des cycles de la vie. Tu vois, je m’amaigris en ce moment, mais à tes yeux seulement. Et si tu me suis attentivement pendant les 28 jours qui viennent, tu me verras reprendre mes rondeurs et les perdre à nouveau. J’ai fermé les yeux, caressée par le vent. Il y a aussi ce livre sur la bravoure des Viking que tu m’as offert. J’en lis quelques lignes le soir pour qu’il infuse mes rêves. Et c’est comme une promesse que je te fais. Je serai brave, oui, je serai brave. Tu m’as écrit : « Au bout du chemin, il y avait tes chaussures, ma Cendrillon et chaque jour, je pose mes lèvres dessus. Tu verras, un jour tu les porteras de nouveau. Nous irons au bal et si c’est Mardi Gras, nous porterons un masque.» J’ai souri. J’ai dit que je voulais un masque de chat pour ronronner contre toi, pour me frotter à toi. Il n’est pas l’heure de se lever alors je regarde la lune se déplacer. Tout à l’heure, je ne la verrai plus. Je repense à ton rendez-vous chez le tabacologue. Ce sera si bon que tu ne fumes plus. Je saurais seulement alors quelle est l’odeur véritable de ta peau, le goût de ta bouche.

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