La valse aux adieux

Il est là, il n’est pas là. Sa main dans la mienne puis sa main glisse. Les mains dans les poches, des poches sous les yeux. Le froid s’engouffre, le vent s’échappe. L’écharpe s’enroule autour du cou. Le menton coulisse dans la laine électrique. Le froid pique la peau rougie, le froid fait couler des larmes chaudes. Les mains dans les poches, les épaules rentrées, marcher contre le vent, marcher contre le froid.
S’engouffrer dans le métro surbondé, surchauffé. Après un certain temps, une parenthèse qui n’est en rien une petite bulle d’oxygène, ressortir affronter le froid, la vie, les gens. Les mains glissent dans les poches, frôlent un papier de bonbon, un mouchoir, un élastique pour s’attacher les cheveux. Les yeux encore plein de sommeil, les yeux encore plein du chagrin de la veille, les lèvres tentent une percée et remontent réchauffer les oreilles.
La journée sera belle et blanche. Les mains glissent, ne frôlent plus, ne touchent plus. L’étincelle n’est plus. Mais les mains restent chaudes malgré les gerçures. Cette nuit sera belle et noire. Passera l’heure où les gens passent. Restera l’heure où la personne reste. Et là où sa main glisse, elle s’attardera pour frôler, toucher, caresser, effleurer. Main dans la main. Se saluer. Tout recommencer pour que le temps glisse.

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