Le collège des Ursulines

Au collège des Ursulines se succèdent les conférences.
Lulu l’apprentie y assiste, tapie derrière un pilier.
Aujourd’hui, c’est la mère supérieure Robertine, qui raconte ses escapades estivales et sauvages en Suisse. Elle conclut sur une formule lapidaire : « Et elles me remontent en mémoire. ».
Il court sur l’échine de Lulu une envie intense, qui gagne son esprit. Partir… sur une île, et y paresser, sans sourciller. Mais il y a un hic ; Robertine consentira-t-elle à la laisser sortir ?

 

Au collège des Ursulines, Lulu trépigne derrière son pilier. Elle a été collée pour outrage envers Robertine, qu’elle a traitée de nyctalope. Quand bien même elle a prétendu avoir rencontré cet adjectif dans le petit Robert, nulle ne l’a écoutée. Alors, elle a été traduite devant la cour pénale des Ursidés, non, des Ursulidés, ou quelque chose comme ça. Aucun grief n’a été éludé. La punition suprême consiste à la vêtir de guenilles et lui faire faire l’aumône devant les belles vitrines, le visage noircie à la suie.
Robertine a eu cette idée, pour renflouer les caisses. Les conférences coûtent cher en petits fours.

 

Au Collège des Ursulines, Lulu s’acharne à déchirer ses nippes, ses fringues. Ce jour elle a reçu en cadeau un pull en laine, de sa tante. La peau rouge comme une urgence, il gratte comme une ortie. Il fera un redoutable accessoire pour lustre la petite chambre qu’elle occupe, au dernier étage sans fenêtre ni espoir.

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