Le soleil à l’ombre

Joseph est en prison.

 

Dans sa cellule, aucune fleur ne pousse. Les seules traces d’espèce végétale sont les moisissures.
Sur son vieux transistor siffle une chanson d’une époque où l’utopie était reine : « Laisse entrer le soleil ».
A sa façon il la transforme. Écarte les barbelés pour laisser place au soleil, porteur de douceur et d’espoir… de sortir. Bientôt. Mais pour aller où ? Que reste-t-il de sa vie ? Braquages, cambriolages, saucissonnages, carambolages, flicage, mise en cage.

 

Dans sa geôle, il se voûte, accablé d’une honte extrême. Les perles de sa vie d’avant sont loin de lui. Comment ont-elles vécu ces 10 années en dents de scie ?
Bonsoir.
Parloir.
Au revoir.

Josepha, sa fille, a maintenant 11 ans.
Que sait-elle de ce père dont on lui a caché le forfait ? Papa en vrai ou papa fantôme ?
Au parloir un soir d’hiver, Marie a murmuré : Les fantômes sont comme la neige, ils fondent…
Et le prisonnier a fondu en larmes. Il donnerait cher pour combler les gouffres d’une si longue absence.

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