Rencontre nocturne

Allongée dans le sable, je nous revois en cette nuit d’été, cherchant à mettre un nom sur les étoiles. L’immensité de la voûte nous enveloppait, nous étions fascinés par ce manteau de lumière. Nos regards ne savaient plus où se porter. La lune veillait sur ses sœurs, près du chariot, non loin de la grande ourse qui semblait traîner la casserole. Heureux comme Baptiste, nous méditions devant l’infini. Plus de rupture entre ce qui nous semblait lointain et ce qui était proche, la ligne d’horizon s’était évanouie, comme le résultat de l’usurpation des dimensions. Une féérie de mouvements sembla s’envoler du sol, dans une poussière de sable, d’étoiles et de chimères. Tout était irréel, échappant à notre contrôle. Il n’y avait plus rien à maîtriser, il ne restait qu’à suivre la licorne qui s’éloignait vers une rivière de lumière. Elle était seule, silencieuse. Nos regards ne parvenaient pas à se détacher d’elle, nous amenant à entrer petit à petit dans une sorte de rêve éveillé, nous rendant incapables de bouger ou de parler. Allions nous passer la nuit ainsi, dans l’attente du lever du jour et des premiers cris des mouettes ? Pierre nous sortit de notre léthargie en nous montrant de sa baguette, tout près de nous, le muret sur lequel s’était installé un petit animal, sorti de nulle part. Boule de fourrure au regard perçant, à la recherche de son repas du soir, intrigué par ses formes étranges, blocs sombres figés dans l’obscurité.

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