La cueillette.

Les éclats de lumière du soleil réveillent la forêt encore somnolente. Jeunes pousses et bourgeons pointent leur nez. La fraîcheur matinale s’évapore dans les coulisses de la nuit. La bergeronnette chasse vers et insectes et d’un coup d’aile assuré, s’en va nourrir ses petits blottis dans le nid.

Espéranza, enfin convalescente goûte le plaisir de sa première sortie. Cueillir l’instant après ces longs mois au fond de ses ténèbres, sans désir ni joie. Cueillir la beauté de l’instant, l’aspirer ,s’en imprégner au cœur de ses cellules sans penser à demain. Se laisser aller à tous ses sens. Offrir son visage aux rayons bienveillants de l’astre lumineux, Sentir sous ses doigts les sinuosités des écorces du chêne. Entourer de ses bras frêles mais bien vivants, le tronc du gros chataignier. Observer les corolles rose thyrien des églantines . Etendre son regard jusqu’à l’horizon sur la prairie étoilée de graminées rouges et jaunes . Comme des chatons insouciants, jouer l’équilibriste sur les branches des pommiers couchés à terre par l’hiver. S’enivrer du parfum épicé des lilas. Soulever avec délicatesse les feuilles des fraises des bois , découvrir les fruits encore vert piqués de minuscules points foncés et comme une sale gosse, goûter leur chair granuleuse et sûre . Tel un peintre, photographier et ranger dans sa mémoire ,les poiriers en fleurs afin de les immortaliser sur la toile, dans toute leur beauté.

Ce jour-là enveloppée par une brise légère, elle allait à la découverte des signes éphémères de la poésie , érudite du monde et de ses mystères.

 

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