Ecrire ou décrire

Griffoner ou ne pas griffoner?

Est ce un tout ou est ce un rien?

Je décrie ces idées. Je ne les aime pas car abandonner est honni pour moi. Se résigner, c’est laisser la porte ouverte à la dépression de l’esprit. J’ai peur que cette idée ne prenne trop de place alors je préfère regarder mon voisin et m’inspirer de lui ou de ce qu’il fait. Je ne copie pas. J’écrie tout cela pour ne pas oublier mes mots aujourd’hui car nos esprits se détériorent, nos souvenirs se falsifient et nos pensées s’effacent. Nous sommes des roches qui s’érodent et mon stylo fait le pont entre le papier et mon âme. Après tout, écrire c’est se créer une âme de papier, c’est chercher à supplanter son corps de chair, c’est surmonter sa peur de la mort car n’est-il pas dit que le papier, issu de l’arbre, aura une espérance de vie plus longue que l’homme qui oublie tout. Sauf si un jour, on remet au goût du jour, la pratique de l’autodafé.

Les idées m’assaillent, je redécouvre mes mots et leurs sens si vastes car lorsque je dis un chose, toi, tu comprends autre chose, n’est ce pas?

Ma vie n’est rien sans les mots et j’ai besoin de mon crayon alors j’en garde toujours plusieurs dans mon sac. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Imagine, si jamais tu étais coincé pour une période indéterminée dans les couloirs couterrains de ta ville, que ferais tu? Tu as avec toi les affaires que tu mises dans ton sac et tes poches. Crierais tu? Courrais tu? Pour aller où? Tu es bloqué. Tu es seul ou avec d’autres, peu importe.

Quoi que tu fasses, tu as ce crayon et ton carnet. Moi, je chercherai une lumière qui fonctionne encore et j’écrirai, les fesses dans la poussière des pierres brisées. D’abord pour me calmer, ensuite pour comprendre et enfin pour ne pas oublier. Simple et naturel? Rien ne l’est et encore moins la nature. Ca ne cadre pas avec tout ce vocabulaire à notre portée, rien ne sert d’argumenter avec moi sur ce sujet. Mes idées sont arrêtées. Ramone plutôt les tiennes, elles sont pleines de poussière. Ne sommes nous pas justement dans un tunnel ‘éboulé’? Tu sembles aussi vieux qu’Hérode. Tes sourcils et ta chevelure sont grises de poussière. Ta peau est parcheminée. Tiens, encore un mot relatif au papier, un peu comme cette expression qui te convient si bien d’ailleurs : ‘Tu as une mine de papier mâché’.

De toute façon je n’en fais qu’à ma tête alors arrête toi et écoute moi raconter mon histoire. Après tout, n’est ce pas notre but à tous ici?

Ecrire pour transmettre.

Ecrire pour vivre.

Ecrire pour ne pas mourrir.

La poésie à quitté mes mots et le monde est fait de gris et d’électricité alors qu’au dehors le ciel est bleu et peu couvert.

Mon jardin me manque et mes fleurs aussi. Si j’étais enfermé, c’est ce qui me manquerait…

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