La pluie, le long de la vitre

La pluie, le long de la vitre, descend goutte à goutte. Elle forme une ligne translucide et fraîche qui emporte avec elle la chaleur de l’été. L’orage est passé, le ciel sombre s’est entrouvert, l’eau bienfaisante se répand sur le jardin assoupi qui l’attendait. Le sentier crépite, les petits cailloux blancs sautent sous la violence de l’ondée. La petite limace et l’escargot gris se pressent lentement sous les grandes herbes. Hautes comme des tours de verdure, elles leur offrent un abri sûr. Les vacances s’écoulent tranquillement. Depuis les grosses chaleurs, il pleut pour la première fois. Le jardin respire enfin. Il se redresse revigoré et nous aussi. L’odeur de la terre mouillée monte doucement. Le lierre vert sombre brille et l’on imagine les petits moineaux nichés dans son ombre obscure et poivrée. Les nuages déclinent leurs nuances de gris, ils restent paresseusement accrochés au-dessus de nos têtes. Ils nous protègent pour l’instant de l’ardeur du soleil de l’été alangui. Une éclaircie, je prends le grand parapluie de toile aux quartiers de couleur. Je sors flâner dans les chemins humides, dans les flaques miroite la lumière du ciel changeant. Des feuillages des arbres s’échappent des perles de pluie qui brillent dans l’air dolent. Quel plaisir de lambiner, d’errer dans la nature qui reprend souffle. La moindre plante semble remercier les cieux de ses bienfaits.

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