Conversation avec un vache

Tandis que la vache ruminait dans l’étable, le vent furieux referma la porte. Vlan ! Louise sursauta tellement qu’elle tomba du ballot de paille sur lequel elle était assise. Elle se releva et vit que la vache n’avait pas bronché. Elle continuait sa vie comme si rien n’était venu perturber la quiétude du lieu. Louise s’approcha de la porte et en l’entrebâillant vit que la pluie ne tarderait pas à suivre le vent. Elle la referma alors, ainsi que toutes les fenêtres. Elle pensa à allumer les lumières mais se ravisa. Elle connaissait l’étable comme sa poche et elle aimait l’obscurité. Elle avait toujours eu un effet réconfortant sur elle. Beaucoup de choses arrivent dans le noir. Bonnes et moins bonnes, mais Louise s’y sentait bien. En repassant devant la porte, elle laissa ses doigts en tracer les contours. Du bois, du fer. Chaud et froid. Elle ferma les yeux pour absorber toutes les sensations. Et ce simple fait apaisa sa respiration, ses pensées, les battements de son cœur. Peu à peu, elle oubliait tout ce qu’il y avait hors de l’étable. Une fois le mur atteint, elle rouvrit les yeux et se dirigea vers la vache qui n’avait toujours pas bougé. Louise aurait bien voulu s’en foutre aussi. Ne pas réagir aux éléments extérieurs. Continuer sa vie comme elle l’entendait. Ne pas se laisser influencer par les autres. Louise savait bien que la vache n’avait pas ses préoccupations, mais elle lui permettait de réfléchir à ce qu’elle voulait. Parce qu’au fond, peut-être que le problème venait de là. Elle ne savait pas. Louise suivait son chemin, faisait des choix du mieux qu’elle pouvait. Mais elle ne savait pas ce qu’elle voulait ressortir de tout cela. Qu’est-ce qu’avoir une belle vie après tout ? La réponse dépend de chacun et elle ne l’avait pas. Louise regarda par la fenêtre les éléments se déchainer. Elle était bien au sec à l’intérieur de l’étable. Louise comprit alors que sa vie ressemblait à cela. La sécurité d’une étable face aux éléments. La sécurité des ses choix face aux aléas de la vie. Elle ouvrit alors grand la porte et sortit.

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