Dans un recoin de ce monde, il y a…

Le monde est vaste et il est impossible de savoir tout ce qu’il renferme et tout ce qui s’y passe. Mais on peut tout de même imaginer de quoi sont faits ses recoins. Chacun voit le monde à sa manière, chaque perception est différente. On cherche son chat et on retrouve mamie perdue depuis deux semaines. Nous avons eu peur qu’elle prenne un grand virage dangereux et arrive sur la banquise. Le contact d’une tribu de pingouins qui sort la nuit l’aurait certainement effrayée, elle qui dans son jardin, ne voit que poules et lapins. Et parfois, un canard aussi, à qui il arrive de perdre la tête. Elle ne connaît pas la glace non plus. Autour d’elle, le sol est vert tendre et mouillé. Le blanc de la banquise va l’éblouir. Pas de brise-glace  non plus, dans son jardin. Juste un petit radeau fait avec des bouchons de liège qui navigue sur le torrent tumultueux au fond de son jardin. Un pont de pierre l’enjambe. C’est ça l’univers de mamie. Pas de voyages lointains. Uniquement des faits avérés dans les recoins de son monde. Ses copines bavardes, des enfants qui jouent à chat, des fleurs bleues, des roudoudous et des mistral-gagnant achetés pour ses petits-enfants. Des frites le dimanche avec le poulet, un gâteau qui cuit à four très chaud. Marius et Jeannette qui jouent à la pétanque sur la place du village, de l’amour et de la joie. Que du palpable. Elle n’a jamais vu de femme contemplant un tableau, mamie. Pas d’articles ébauchés, pas de rêveur invétéré, pas de rêves à réaliser mais une vie à vivre comme elle se présente à elle. Heureusement, nous l’avons retrouvée, mamie, et la douceur de son regard.

 

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