Enchaînés

Les gens déambulent dans la rue éclairée. C’est l’hiver, il n’est pas très tard mais la nuit tombe de bonne heure. On a l’impression que tout le monde se dirige vers le même endroit. Où courent-ils ? Vers quoi ? qu’est-ce qui les entraînent comme ça ? C’est pourtant le week-end, mais le tourbillon est grand. C’est amusant de s’arrêter, de sortir du mouvement et d’observer cette multitude de personnes. La ville est grande, c’est un peu comme un rassemblement. Près de là, un petit groupe de personnes réunies dans un renfoncement. Elles ont fait un feu et tendent leurs mains vers lui. Il éclaire leurs visages abîmés par la vie. Elles semblent harassées, cherchent un peu de chaleur pour leurs corps fatigués, devant ce feu qu’elles ont essayé d’entretenir toute l’après-midi. Quelques unes tendent leur main vers ces personnes qui courent sans même les voir, pour essayer de glaner une petite pièce ou un regard qui les ferait exister. A quoi pensent-elles ? A leur vie passée ? A ce qu’elles ont perdu ? Une famille, un travail, des projets, de l’espoir ? Tout ça peut-être. Ou à toutes ces choses qui entraînent dans le courant de la vie. Comment font-elles pour affronter toutes les difficultés qui s’accumulent les unes après les autres ? Où trouvent elles encore une raison de vivre alors qu’elles n’ont plus rien ? Elles sont loin de toutes ces vitrines éclairées de mille feux. Loin de ces magasins où les marchandises s’exposent en grande quantité de manière presque indécente. Loin de cette société où il faut acheter et encore acheter pour créer de la richesse et de nouveau acheter. Comme si tout le monde était enchaîné…

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