Menace de tempête

Le temps venteux affole les oiseaux. Comme si une tempête arrivait. Le rapace plutôt dans l’aisance habituellement, semble voler de manière heurtée. Malgré la lenteur du temps qui passe, la vie s’arrête l’espace d’un instant. Les plumes volent, le temps s’obscurcit et se durcit. La nuit tombe prématurément, tout le monde est rentré. Le temps est suspendu. Chacun se prépare au passage de cet orage. Les éclairs illuminent le ciel et les premiers grondements se font entendre. Il est déjà huit heures et le sommeil me gagne. J’aime le bruit du vent qui essaie de s’engouffrer par tous les interstices. Je me sens à l’abri des murs épais de la maison.

L’illusion d’un petit matin d’été. La chaleur et la lenteur. Toute la journée devant soi. La remplir ou pas. L’action ou l’immobilité. La liberté de ce choix pendant les vacances. Ne pas regarder l’heure, écouter son corps, son cœur, ses envies. Pas de planning, pas de programme. Randonner sur les chemins ou siester dans le patio. Au soleil sur la plage ou à l’ombre de l’arbre. Au milieu de la foule ou au milieu de nulle part. Rester vivant et le ressentir. De longs palabres ou le silence de soi. Le bruit des mouettes au-dessus de ma tête, mais au bord de la mer, elles ne chantent pas comme à Paris. Sûrement à cause de l’air ou de ce qu’elles mangent. Parfois, la brume m’enveloppe et mon esprit s’égare dans des considérations tempétueuses. L’hésitation m’envahit. L’abri ou l’aventure. Prendre le temps, mais pas trop quand même car il file plus vite que l’on ne le souhaiterait. C’est ça les vacances, une question de temps et pas uniquement météorologique. Une vague à l’horizon, un sentier qui mène à la mer. Le sel de l’eau déposé sur la peau qui pique ensuite au soleil. J’aime ces moments de flottement entre sommeil et éveil. Je ne sais plus dans lequel de ces états mon esprit vagabonde. Dans quelle couleur il navigue. Il serait bon de le clarifier. L’espoir fait vivre. Dans ma tête aussi la tempête sévit, l’orage menace. Je me réveille et me lève d’un bond. Face à moi la mer s’étale dans toute sa splendeur. Je la rejoins et plonge en son sein car elle m’apaise par son immensité. Mon corps se sent chez lui. De petites vagues me heurtent mais en douceur. Les reflets d’argent se posent à la surface marquant la fin de l’après-midi. Je vais rentrer, heureuse de cette lente journée.

 

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