Rêve de route

L’enfant rêvait la route de sa vie. Elle lui paraîssait longue car il était encore petit. Il avait du mal à imaginer ce qu’il serait, ce qu’il ferait. Alors, il avait décidé de rêver plusieurs histoires. Comme ça, à la fin, il pourrait choisir. Il y a quelques mois il se voyait pompier. L’uniforme lui plaisait, le casque surtout. Et les camions, rouges, rutilants. Quelle fierté ! En plus, sauver des vies lui plaisait bien. Un héros, quoi. Ses copains seraient fiers de lui. Mais près de l’école, une maison avait brûlée. Et là, il avait tellement eu peur, qu’il ne voulait plus du tout être pompier. Puis, il a imaginé être vétérinaire  parce qu’il aime beaucoup les animaux et que lorsque son chat a été malade, il a été heureux que le vétérinaire le soigne. Chaque jour lui donne de nouvelles envies de métier. Comme si, sur sa route d’enfant, les rencontres faites l’aidaient à choisir. Il trouvait ça très compliqué de grandir et de se projeter dans sa vie d’adulte. Il posait sans arrêt des questions à ses parents car beaucoup de choses l’intriguaient. Est-ce que le boucher tuait lui-même les animaux ? A quelle heure se lève le boulanger ? Comment fait-on pour devenir professeur ? Lorsqu’il s’aperçut que Louise, dans sa classe, se trouvait souvent à côté de lui et lui souriait, il s’est senti tout bizarre. Un émotion qu’il ne connaissait pas le transportait. Son coeur battait fort dans sa poitrine. Ses jambes semblaient céder. Il se sentait rougir et bégayer. Ce jour-là, c’est son grand-père qui est venu le chercher à l’école. L’enfant lui expliqua ce qu’il avait ressenti. Le temps qui n’existait plus. Ses sens remués. Le grand-père sourit et lui dit qu’il était amoureux. Que c’était une grande chance sur la route de sa vie. Qu’avec de l’amour tout est possible.

Ce contenu a été publié dans Atelier Papillon. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.