Un soir ordinaire

Dans le jardin, la nuit était tombée et les lucioles arrivaient. Elles luisaient doucement et apportaient une lumière apaisante. On aurait pu croire le jardin décorer de petits guirlandes tant elles s’étaient rangées les uns à côtés des autres. La nuit était si calme et seuls les bruits de la nature habitaient l’espace. On aurait juré ne plus être en ville. Pourtant, l’odorat nous ramenait à la maison toute proche. Dans la casserole mijotait le repas du soir qui embaumait le jardin d’une odeur alléchante. En s’éloignant légèrement, le parfum des fleurs reprenait néanmoins ses droits. Et le vent les faisait onduler doucement comme les vagues d’un océan. Elles pliaient mais jamais ne se rompaient. Elles s’épanouissaient sous la fraicheur du soir, nouvellement arrosées. On pouvait se perdre dans leur contemplation. Oublier le monde hors de leurs couleurs. Jusqu’à maudire la prochaine voiture qui viendra troubler ce havre. Assis dans l’herbe l’écouter passer puis disparaitre, perdu dans la multitude des sons offerts pas la nuit. La nature bien loin d’être silencieuse propose un concert bien à elle. Rester là errant dans ses pensées jusqu’à entendre la grand-mère crier que le repas est prêt. Il est temps de rentrer, poser le livre à peine ouvert sur la table du salon. Embrasser la grand-mère avec un bras autour de sa taille, en essayant de voir ce qu’elle avait préparé. Tout cela pour être remis à sa place d’un ton moqueur : « Va plutôt mettre la table et apporter le jus à ton grand-père. » Autour du repas, chacun racontera l’histoire la plus absurde pour amuser tout le monde. Et le temps sera comme suspendu entre rire et discussion. Alors qu’au dehors la nature comblera d’elle-même le vide laissé par notre présence.

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