Voir venir

J’ai regardé par la fenêtre, le vent soufflait fort dans les branches nues. Juste en dessous des nuages, quelques feuilles virevoltaient encore, à droite, à gauche, un tourbillon. Dans cette tourmente, les feuilles dansaient une valse enivrante. Le vent siffla, les volets claquaient.1, 2, 3. 1, 2, 3. Les feuilles dansaient en rythme et profitaient, avec le sourire, de cette apesanteur. Il pleut aujourd’hui et c’est comme d’habitude. Sauf qu’aujourd’hui les feuilles s’amusent. Le vent leur permet d’être légères et belles. Elles narguent la pluie qui tente de les alourdir de gouttes étincelantes pour les fracasser à terre.
Ce matin, je me suis levé à 5 heures tapantes pour voir ce joli ballet, avant que le vent n’emporte ces pas de danse dans la ville d’à côté. Autrefois, je restais tous les dimanches au lit jusqu’à midi, la tête sous l’oreiller pour ne rien entendre, ne rien voir, pour retourner dans mes rêves.
Un jour, au lieu de pousser les volets sans regarder, je me suis arrêté et j’ai vu ce qui me permettait de voir venir. Alors qu’il faisait froid dehors, j’ai laissé la fenêtre grande ouverte. J’ai aperçu un grand potager avec de grosses réserves sur le côté, j’ai cru voir une vache attentive. Depuis, chaque matin, j’observe l’horizon devant moi parce que, depuis ton départ, mon cœur est habité et qu’en face, personne ne vit là.
Les feuilles valsent, mon cœur bat. Aujourd’hui, je suis en vie.

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