La femme géranium

Je vais vous raconter l’histoire incroyable et extraordinaire de la femme géranium. Venue de terres anciennes et abandonnées sur un balcon, la petite graine qu’elle était a mis du temps à grandir, à s’épanouir. Elle était restée seule dans un bac plein d’une terre aride, fendue, dure. Le moindre coup de vent un peu brutal, un peu fort aurait pu la déloger de son nid pas du tout douillet.
Il n’a suffi que d’une petite brise, toute légère, toute douce, même pas un courant d’air pour la soulever de cette terre et la déposer au milieu du champ de blé. A l’ombre des épis, la petite graine se réchauffa un peu et grelottait un peu moins.
L’arrosage automatique se mit en marche. Les jets d’eau lui chatouillaient le bout du nez. La petite graine commença à s’étirer un peu plus. Au fur et à mesure, ses jambes s’allongeaient, ses bras se déployaient. Elle souriait de plus en plus, levait la tête de plus en plus haut pour pouvoir voir le soleil et les tournesols un peu plus loin.
Elle aimait boire le thé avec les épis de blé. Ils lui avaient dit un jour :
– C’est bizarre, mais il nous semble bien que les géraniums vivent dans des bacs à balcon, non ? Pas vrai les gars ?
– Ah oui ? avait-elle répondu. Et alors ? Je suis bien mieux là que sur un balcon desséché. Et puis, vous devriez en profiter, j’éloigne les moustiques !
– Dis donc, ma chérie, les moustiques, on s’en fout un peu. Nous, on a peur des corbeaux.
– Moustiques ou corbeaux, jamais ils ne s’approcheront de la femme géranium ! Et les papillons, ça va, ils ne vous font pas peur ?
– Non, non, ça va, ils nous chatouillent le bout du nez en battant leurs ailes.

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