Ma tempête

J’ai débarqué dans cette forêt. J’avais l’impression d’être un extraterrestre, quelqu’un venu de loin, d’un ailleurs. Le choc. Arrêt sur mémoire. Mais où étais-je ? Les oiseaux chantaient, le feu crépitait dans la chaumière que j’apercevais au loin, mais je n’avais pas envie d’y aller. Qu’allais-je y trouver ? Des humains sûrement sympathiques. Un chat lové dans un fauteuil en rotin qui n’attendait que des câlins ? Trop facile. Je devais poursuivre mon chemin seule, dans cette forêt qui fut ravagée par la tempête de décembre 1999. Même la tempête n’avait pas réussi à déraciner tous ses arbres. Alors je devais continuer mon chemin et être prête à affronter les pluies et les tempêtes.

Une goutte d’eau.

Deux gouttes d’eau.

Trois gouttes d’eau.

Me voilà inondée, sans pouvoir réagir et me protéger.

Le vide.

La colère.

Pourquoi ? Que m’arrive-t-il ?

Une autre goutte.

Flip flop.

Ma main cherche machinalement à essuyer mon visage inondé. J’entends un meuble tomber. Je soulève ma tête. Tout s’éclaircit dans mon obscurité, dans mon immobilité. Je suis dans mon lit, sous le Velux ouvert. Mon voyage dans la forêt n’était déjà plus qu’un souvenir. Et la serpillière mon amie du moment.

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