Furibond

Furibond. C’est l’état dans lequel je me trouvais quand je suis sorti de la pièce. Pas énervé, ni en colère, mais furibond. Je ne sais pas si vous saisissez la nuance, mais moi, oui. Certes je veux bien admettre que j’avais fait une ânerie la veille au soir, en étant intarissable d’éloges et de louanges sur leur progéniture. Je n’aurais sans doute pas dû me lancer dans cet interminable soliloque sur les exploits inouïs de ces tendres chérubins. J’étais conscient de ma maladresse, mais pouvais-je me douter que ma prise de parole inconsidérée allait déclencher cette sempiternelle rengaine au moment le moins opportun du week-end ? Avais-je assez de lucidité pour anticiper une telle réaction de la part de Caroline ? Ne pouvais-je pas faire un léger faux pas sans en subir ces fâcheuses conséquences ?

Je suis allé me servir un verre. Heureusement, Alain et sa petite bande n’avaient pas mis la main sur les quelques bouteilles habilement dissimulées derrière la porte de la cuisine. J’étais habitué à leurs turpitudes et je me félicitais de mon opportune clairvoyance.

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