Tu te souviens ?

12/09/18

Tu te souviens ? Comme nous étions heureux ! J’avais le coeur en fête alors que la fête battait son plein. J’étais folle. De joie. Et de toi. Ce visage que tu tournais de temps à autre vers moi me faisait passer par tous les temps : mon ciel se dégageait avec un sourire et se noircissait au froncement de tes sourcils. Quelle canaille tu étais… Quelle canaille tu es ! Regarde, je ne t’ai pas oublié. Quand je pense à toi, je suis envahie par une vague de jeunesse, un flot d’émotions, une marée de sentiments qui vont tous dans le même sens : toi. Mon île ! Mais ta tête nous a coulés. Toi, mon amour, et celui que tu n’as jamais eu pour moi. Ou en avais-tu ? Car je suis seule à présent, seule à nu. Comme sciée en deux. Ah ça, ça m’a sciée quand tu es parti, marin que tu es, retrouver les sirènes. Mais je ne m’alarme plus. Les violons sont loin eux aussi. Celui du voisin du dessus me fait du bien et du mal. Il joue comme s’il était seul face à sa fenêtre à t’attendre, comme moi. Finalement, le coeur n’est qu’une gigantesque forteresse, fermée par une tout aussi gigantesque porte rouge…. Ou peut-être est-elle plutôt minuscule ? Car il est difficile de l’ouvrir. Oh, ne t’inquiète pas pour moi, tu es une ombre désormais. Une belle ombre qui, quoi que je fasse, me suit partout. Le tableau que tu avais peint pour moi, celui ou mes yeux te regardent avec tendresse, je l’ai vendu. J’en ai peint un autre, de toi et moi, quand nous étions heureux et que sous ta chemise, j’imaginais trouver ce dont j’avais besoin : de l’Amour.

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