Les sapins

Début janvier les sapins dorment sur les trottoirs de notre ville. Une foret allongée, désespérée. Cris silencieux aux passants qui ont déjà oublié les fêtes. La vie continue pour eux. Le métro les attend les hèle. Ils s’enfoncent sous terre.

C’est la défaite de la fête début janvier.

Ce fut une fête étrange ,cette année , tout le monde avait un désir d’orgie et en parallèle un vague à l’âme.

Les sapins supportaient davantage de boules et de guirlandes que les noëls passés.

Il y avait une atmosphère de dernier Noel, un désir de réussite absolue.

Ce besoin , ce désir s’était répandu à toute vitesse dans toute la ville.

Comme toujours, nul ne savait qui avait lancé la rumeur mais elle était là .

Les magasins avaient été dévalisés en boules et guirlandes.

Les sapins étaient installés dehors devant toutes les portes. La circulation des piétons était difficile .Les poussette étaient interdites et les vieilles personnes devaient rester chez elles.

C’est ainsi que le club des vieilles dames de la ville pour s’occuper commencèrent à congeler leurs rides. Cette mode prit une ampleur considérable.

Pour le jour de noël toutes les vieilles dames avaient congelé leurs rides et arboraient un sourire lissé… Jour de fête particulier cette année là.

Elles décidèrent de confectionner les plus belles buches de leur vie puisque c’était censé être le dernier noël comme le clamait la rumeur du Net.

Les enfants ne saisissaient pas la particularité de ce Noel. Ils y entendaient un air de fête plus accentué que de coutume. Ils se prirent au jeu et écrient des immenses lettres au Père Noel . Tout était permis.

Une ambiance de débâcle joyeuse et de fête apocalyptique régnèrent  pendant ces jours de fête exceptionnels.

On y mangea les meilleures buches sous des sapins ployant sur le poids des décorations et hurlant leur épuisement.

Personne n’entendait leur souffrance. Seuls les sapins se rendaient compte de la folie qui s’étaient emparés des habitants de la ville.

Seule une petite fille le lendemain de Noel entendit la plainte des sapins. Il était certes trop tard. Mais une petite Clara les avaient entendus . Cette petite Clara décrocha toutes les boules et guirlandes de son sapin et descendit dans la rue continuer son acte de délivrance désespéré.

Les sapins lui en furent reconnaissants . Ils voulaient surtout être entendus dans leur souffrance de sapin de noel malmené.

Plus jamais cela.

Catherine 13 décembre 2018

A propos Catherine Z

J'écris depuis mon adolescence...comme beaucoup j'ai tenu un journal intime puis j'ai écrit des poèmes puis des textes et quelques petites nouvelles. J'adore lire depuis que je sais lire . Les livres furent mes premiers amis .
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