Rêve de bêtes à cornes

Là-bas, dans l’aube blanche et le brouillard, elle marche, terriblement seule dans la campagne. Toute embrouillée dans le mal, elle part. Dans un tapis de salsepareille elle s’émerveille et se réveille d’un cauchemar sans pareille. « Haut les cœurs ! » se dit-elle. Elle chante. Elle détricotte les mailles des idées sales qui l’empoisonnent comme un venin.

Son rêve s’enroule, se déroule et s’envole dans la lande rose. Il s’abreuve de rosée, sourit à la bruyère et la prend par la main. Avec lui elle danse une salsa en farandole. Le sourire d’une bête à corne la tente. Séduite, elle s’abandonne et cède au capricorne capricieux qui l’invite à le suivre. Elle croque quelques salicornes pour raviver ses forces. Elle chante encore. Dans la lueur naissante de l’astre rougeoyant elle se glisse doucement dans la peau de licorne que lui tend un faune coquin. Elle s’embrouillamine un peu dans ses jupons de crépon, s’enivre de couleurs, se repait de douceur, et, alors que le jour éclate, elle pleure et puis meurt de bonheur.

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