Bertille Faudel

Bertille Faudel ne comprenait pas où elle se trouvait, ni pourquoi, ni comment elle était arrivée là. Lorsqu’elle voulut bouger, elle sentit ses bras entravés près de son corps. Elle ne reconnaissait pas l’homme penché sur elle. Il était affublé d’une blouse blanche qui lui semblait ridicule. Elle rêvait mais allait certainement se réveiller bientôt et sortir de cet état de terreur. Son regard se posa tour à tour sur les contours de la pièce et sur les meubles qui s’y trouvaient. Une table à sa droite et elle allongée sur un lit avec des barreaux. Sur la table, posé là, son harmonica. Enfin, un élément qui lui semble familier dans ce lieu. L’homme lui parle mais elle ne comprend pas ce qu’il lui dit. Elle voit bien qu’il bouge les lèvres mais rien ne lui parvient. Comment est-elle arrivée là ? Elle essaie de se souvenir de l’avant cette scène. Ce matin, elle s’était levée comme d’habitude, avait déposé les enfants à l’école puis était rentrée chez elle. Et après ? Elle sent à ce moment le vide de son esprit quant à la suite de sa journée. Pas d’indication d’heure dans cette pièce. Pas de fenêtre. L’homme lui parle à nouveau. Cette fois-ci elle comprend qu’il lui demande son nom. Alors elle lui répond : Bertille Faudel car ça, elle s’en souvient. L’homme lui explique que le médecin va passer la voir. Pourquoi suis-je ici ? demande t’elle ? Que se passe t’il ? Le médecin vous l’expliquera. Petit à petit, certaines images lui reviennent. Son envie de regarder les affaires de son père qu’elle garde dans une malle à l’étage. L’harmonica lui ayant appartenu qui se trouve là. La vision de son père en jouant le soir après le repas. sa mère et son frère qui chantaient et riaient. Elle qui tapait des mains. La force de l’émotion qui l’envahit ensuite. Les larmes qui jaillissent. Elle sort alors de la maison, se met à courir, l’harmonica à la main avec le besoin de partir loin, très loin… On frappe à la porte de la chambre. Un autre homme entre, certainement le médecin. Il a, à la main, un dossier qu’il ne cache pas et sur lequel elle peut lire, Bertille Faudel : folle.

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