Cerise en mer

Cerise passait toujours plusieurs heures à coiffer se plumes. Encore et encore. Mais rien n’y faisait jamais. Elle serais toujours l’oiseau décoiffé. L’implantation hasardeuse de deux de ses plumes au sommet de son crâne lui donnait toujours une allure un peu punk. Pour elle qui se voulait raffinée, c’était un comble. Alors, elle tentait tous les jours de dompter ses plumes rebelles. Elle avait même essayé de les arracher dans l’espoir de les voir repousser correctement. En vain. Comme elle ne pouvait pas passer sa vie à penser à cette disgrâce, elle essayait de se trouver d’autres occupations. Elle avait essayé de chanter. Dans la maison, tout le monde chantait, souvent des chants de marin. Ce n’était pas ce qu’elle préférait mais à force d’entendre Santiano, elle connaissait les paroles par cœur. Au début, cela avait amusé tout le monde. Mais, elle découvrit que ce n’était pas un compliment, après que toute la famille est essayée de la faire taire. Elle avait aussi essayé de se mettre à la décoration. C’est vrai qu sa cage était un peu tristoune. Mais apparemment déplacer le papier, la mangeoire et autre fait du bruit et salit tout. Elle avait même essayer de leur faire comprendre qu’elle s’en balance des fleurs de cerisier. Ce n’est pas parce qu’on l’avait trouvé dans un cerisier quand elle était encore un oisillon qu’elle veut voir des branches de cerisier dans sa cage toute sa vie. C’est déjà bien assez qu’elle est été nommé Cerise à cause de cela. Alors, elle se lamentait juste seule dans sa cage en lissant ses plumes. Jusqu’au jour où la famille décida de partir en voyage. Et après beaucoup de pourparler, ils décidèrent de l’emmener avec eux. Elle aurait du se douter qu’ils partiraient en bateau. Tous descendant de marin. Mais après l’appréhension, Cerise découvrit que la vie sur un bateau était libératrice. Ils la laissaient sortir souvent. Et elle pouvait voler au-dessus des vagues. Se percher en haut du mât. Chanter pour le vent qui lui le brimait pas. Naviguer était devenu sa passion. Mais surtout, elle ne pensait plus à ses plumes de travers car sur un bateau tout le monde est décoiffé.

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