Enquête éclair

– Nous, voler ? Vous n’y pensez pas !

Oui, la fenêtre était ouverte et on entendait tout. En tendant l’oreille, oui. Et on voyait tout, oui. Mais voler, ce n’est pas notre genre.

– Et pourquoi donc ?

– Vous nous avez regardés ?

– Vous m’avez l’air de filous, vos sacs, vos baskets.

– Vous avez vu où c’était ?

– Pas loin, des voisins. C’est souvent des voisins qui volent ou des connaissances.

– Oui, mais là, c’était de l’autre côté.

– De l’autre côté de quoi ?

– De la cour.

– Et alors ?

– C’était haut, tout en haut.

– Pas de gouttière ?

– Non ; donc, vous voyez bien que nous vibrons à l’unisson, vous, la police, et nous, les pas-voleurs.

– Je trouve que vibrer est un peu exagéré, encore plus à l’unisson. Modérez votre langage. Vous êtes assis sur la petite chaise, moi, dans le fauteuil. Je peux tourner sur moi-même quand j’ai envie, le faire pendant cinq minutes sans rien dire, et vous, vous fondez sur votre siège en bois, vous vous décomposez. Vos pieds ne touchent pas terre. Reprenons.

Voyons ce qu’il y a dans ce sac qui s’est trouvé dans votre main : un magnétophone, des bijoux en or, une statuette en ivoire, oui ce n’est pas de l’os, vous avez l’œil. Pas le moindre linge de rechange qui ferait penser à un bagage, le vôtre par exemple. Qu’en dites-vous ?

– Vous m’épatez, inspecteur.

– Je ne suis pas là pour ça, mon petit gars.

– J’ai faim, j’aimerais bien grignoter un morceau.

– Lequel ?

– Pardon ?

– Quel morceau grignoteriez-vous ?

– Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

– C’est bien ce qui me semblait. Embarquez-les.

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