La mort de Mademoiselle B.

La mort de Mademoiselle B. a été triste. Sa vie avait été bien remplie, au service des autres, ses administrés. Mademoiselle s’appelait Bernadette, le mademoiselle servait de prénom et Bernadette, de nom de famille. Nom de famille tu, par ailleurs.

Triste, cette mort, parce que tant d’heures consacrées aux autres et quoi en retour ? Biens dispersés aux enchères.

Elle aurait dû épouser l’homme qu’elle aimait. Braver sa famille. Au lieu de porter des ensembles en soie de grands couturiers et de cacher sa déception derrière des exigences parfois trop élevées pour les enfants, en particulier pour Sam.

Sam avait un petit nez, des pieds plats, des culottes courtes trop longues. Il avait du mal à s’asseoir correctement sur les grandes chaises de la salle à manger. Il ne savait que faire s’il découvrait un cheveu dans la soupe.

Au goûter, il aurait voulu du sirop de menthe et il n’y avait que du thé ou du Pschitt citron ou orange. Il ne pouvait se résoudre à prononcer le mot « menthe ».

Il aimait la brume épaisse, qui cachait le fond du parc. Là-bas, il échappait aux remarques sur quoi faire, comment se tenir.

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