L’amitié devient adulte

Le sauté de veau trône au milieu de la table. Marie a prit le temps de cuisiner pour ce dimanche avec Arthur. C’est son meilleur ami, son confident, sa plus vieille connaissance en dehors de sa famille. Pour une fois, ils avaient décidé de se voir chez Marie pour un dimanche au calme à converser ensemble. Cela fait un moment qu’ils ne se sont pas vu seulement à deux, alors Marie a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Il ne manque plus qu’Arthur. 11h50. Il ne devrait plus tarder. Alors que cette pensée traverse son esprit, la sonnette retentit. Arthur attends derrière la porte avec son sourire et une bouteille de vin.

« Un moelleux pour l’apéro, dit-il

– Tu me connais si bien, répondit Marie. »

Il met du temps à la regarder après cette phrase mais Marie ne le remarque pas. Elle est trop occupée à ouvrir la bouteille et à les servir sur la terrasse. Le mois de mai est assez clément pour profiter du soleil sans se poser de question. Marie est heureuse de cet après-midi qui se profile sans se douter qu’Arthur prépare une révolution dans son coin. Peut-être est-ce un peu exagéré mais il se prépare à les bousculer l’un et l’autre. Depuis quelques temps, elle lui manque cette amitié inébranlable. Cette connexion qu’ils avaient où ils savaient tout l’un de l’autre. Ils ont grandi et pris des chemins parallèles. Ils ne cesseront jamais d’être amis mais Arthur veut retrouver la Marie confidente. Il la regarde de la porte fenêtre et se demande si elle aussi ressent cela. A voir son sourire, surement pas. Arthur s’assoit et prend son verre. Il trinque avec Marie et boit une grande gorgée pour se donner du courage. C’est maintenant ou jamais :

 » Marie, commence-t-il, j’aimerais te parler de quelque chose »

Le ton de sa voix inquiète Marie mais elle acquiesce.

« Je voudrais que tu me racontes ta vie, enfin …

– Mais tu sais déjà tout, l’interrompt-elle

– Je savais tout, avant, rétorque-t-il sur un ton triste, Ces dernières années nous n’avons plus le temps de nous voir ou de nous raconter. Plus comme avant. »

Marie prend le temps de réfléchir avant de lui répondre. Il a raison en un sens mais pour elle ce n’est pas cela l’important. Elle prend sa main et dit :

« Oui peut-être, mais tu es toujours celui qui me connait le mieux. Mes petits plaisirs, mes joies, mes peines, mes blessures et mes pensées les plus profondes. Il n’y a que toi à tout connaitre. »

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