Pile au milieu d’une île

Avoue qu’il y a des avantages à vivre pile au milieu d’une île, me dit-elle d’un ton qu’elle veut convaincant. Ah bon, mais lesquels ? Je lui réponds du tac au tac, n’ayant pas l’intention de la laisser avoir raison. Tu as la même distance à parcourir pour aller n’importe où sur la côte. Subtil, non ? oui, mais à quoi ça sert ? A rien, mais je trouve ça quand même intéressant comme point de vue. C’est rassurant aussi s’il devait y’a avoir un tsunami. Oui, mais là, ton île, elle est proche des côtes françaises, alors les tsunamis, on en voit rarement. Elle commençait à m’agacer avec ses arguments aussi farfelus qu’inutiles. Moi, je rêvais seulement de profiter du mois d’avril. Planter du persil, aller découvrir les premières myrtilles, contempler de beaux pistils, remplir de vin le baril. Et tout cela, sans deal ! Pourquoi toujours discuter ? L’avenue principale d’Avranches est très belle, on peut s’y balader à volonté. Y voir des avatars, bêtes à manger de l’avoine. Mais avait-elle un avenir au milieu de cette avalanche ? Qui voyait-elle sur ce visage avenant ? Je la sentais fébrile, prête à se bagarrer pour des broutilles, tout cela pour ne pas perdre le fil, sans un battement de cils. Non, vraiment, elle exagère Cécile avec son histoire de vivre pile au milieu d’une île. Tout ça me semble bien inutile, surtout au mois d’avril. Allez, je retourne dans ma ville.

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