Quand sifflent les (noms d’) oiseaux

La rumeur de la ville impose un fond sonore. je suis loin de la route, mais les moteurs déchirent le silence protecteur.

Au-dessus de moi crient des oiseaux. Contrairement aux plantes du jardin où tu m’as emmenée, ils n’ont pas de pancarte pour les identifier. Un oiseau avec une étiquette, cela s’appelle un avion publicitaire.

  • Tu entends ? On dirait que celui-ci rigole !
  • N’importe quoi ! Tu n’y connais rien. Il y a la pie qui…
  • Chante ! La pie qui chante !!!
  • Non ! La pie bavarde, l’oie cacarde, le geai cajole, le pigeon roucoule…
  • Et les fourmis groooondent ! Arrête de brailler, tu me saoules. Eh ! Ecoute ! Léon ! Léon ! Désolé, on m’appelle.

Il m’enfume encore, ou quoi ? Je me bouche les oreilles et je boude.

Au bout d’un moment, je suis apaisée.

Un roulement de bicyclette se rapproche. Un bruit de pas qui traînent sur la terre, puis foulent l’herbe fraîche. Une fermeture éclair que l’on remonte. Je serre mon sac contre ma poitrine, replie mes jambes contre mon abdomen.

  • Ben alors, ma p’tite dame ! il est tard ! Le parc va fermer. Vous vous êtes perdue ?

Je n’ose avouer que j’ai oublié ma canne blanche. Timidement, j’articule :

  • Mon guide…
  • Ah ! Il s’est fait la malle ? Il s’appelle comment ?
  • Léon.
  • Léon ? Drôle de nom pour un labrador…
  • C’est que… ce n’est pas un chien.
  • Et mer…credi ! C’est ma chance… Bon, on fait quoi maintenant ?
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