Rouages rouillés

TIC TAC TIC TAC… Dans le silence sifflant j’entends les battements du temps qui résonnent. Ma réponse est attendue. En moins de trois minutes exactement, je dois formuler clairement les mots qui vont sceller mon sort.
Mais quelle est donc la question déjà ? Mon esprit s’embue. Mes certitudes se décomposent. Je les vois qui s’enfuient en riant et se bousculent à la queue leu-leu vers le courant d’air inopportun qui les aspire hors de ma portée.
TIC TAC TIC TAC, la promesse de récompense qui me semblait tout à l’heure encore si proche se dissout. Une peur irrationnelle s’empare de moi. Un lourd brouillard opaque s’immisce dans mes méninges affolées. Les rouages pourtant impeccablement bien huilés de la machinerie neuronale qui habite ma boite crânienne se grippent. Je sens un filet de sable fin pénétrer par ma fontanelle qui vient de s’ouvrir. Un crissement insupportable emplit mes oreilles.
TRIC TRAC TRIC TRAC… Moi, traqueuse ? Non, pas du tout !
La grande clepsydre continue imperturbablement d’égrener les secondes. Il n’est plus question de répondre. Il n’y a pas de réponses à vos questions ! Sur la grande plage que j’entrevois au-delà de cette nuit je vais pouvoir me laisser glisser et m’étendre. Laissez-moi! Je déteste vos jeux ! Je ne me suis pas laissé choisir pour ce test là. Et d’abord, je n’avais rien demandé !

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