Une soupe de mouches

 

 

 

 

 

Force est de constater que

La sobriété paie,

La sagesse s’acquiert à coups de burin dans la gueule,

Les ailes des mouches ne repoussent pas.

Elles s’effilochent et s’éparpillent

Sous les doigts des tortionnaires

Hauts comme trois pommes

Ou sous le tranchant des ciseaux de bourreaux

Forts comme des taureaux.

La mouche pleure-t-elle ?

Est-ce le tintement de sa larme qui s’écrase mollement dans l’évier

Ou la fuite d’eau qui n’a pas été réparée ?

Nous ne le saurons pas.

 

Force est de constater que

Nous ne savons pas grand chose.

La vie, la mort et tant de choses absurdes

L’existence est simple si on la vit simplement.

Toujours un bourdonnement,

Un voisin, une mouche,

Qui perturbe la tranquillité ambiante.

Pourquoi s’attacher farouchement

Aux êtres et aux choses ?

 

Force est de constater que

Rien n’est acquis.

La jalousie et l’orgueil féroces

Nous dépossèdent ;

Mais au fond possède-t-on quelque chose ?

Un lopin de terre, un animal de compagnie, une théière,

Tout se finit les pieds devant,

à l’abri, immobile sur une civière :

Les jeux d’enfance, l’amour qui vient,

Qui part ou qui reste

Les effets boomerang et boules de neige.

 

Force est de constater que

Il faudrait toujours faire attention à ses paroles,

Etre soi-même mais en se pliant plutôt

A ce que l’autre en face a envie d’entendre.

La ronde des masques que l’on brise

mais hélas ça ne plaît pas à tout le monde.

Le territoire de l’être, c’est la seule chose acquise.

 

Force est de constater que

Vivre le jour, dormir la nuit,

Il faut choisir.

Vitalité

Faire le gros plein de soupe –

De légumes s’entend,

Ou la paillasse.

Suivre les échassiers dans leur balade au long cours,

S’envoler un peu avec eux,

Se repaître des mouches qui gravitent,

Leur bourdonnement est bien plus digeste en sourdine au souper.

 

Force est de constater que

Les œufs écrasés des mouches

Ne peuvent pas voler,

Ni mordre, ni piquer.

La pourriture une fois lavée n’existe plus.

Il n’y a qu’à refermer la poubelle béante,

La descendre aux ordures

Et se satisfaire d’un intérieur

Propre comme un sou neuf.

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