Compter jusqu’à dix

J’ai eu trois amants avant de te rencontrer. J’ai couché trois fois avec le premier et trente-trois fois avec le deuxième. Le troisième, je n’ai pas compté. Et voilà, je viens de te raconter trois ans de ma vie en trente secondes et maintenant je vais fermer mes deux yeux et compter jusqu’à dix et je verrais si tu es toujours là quand je les rouvrirai, ton joli visage à trente centimètres du mien.  Si le jeu de la vérité ne t’aura pas fait fuir à mille à l’heure. C’est un pari à deux balles que je fais, pour conjurer mon angoisse. Je t’annonce mes quatre vérités et si tu restes je me mettrai à rêver aux soixante-dix-sept prochaines années à tes côtés. Car vois-tu, tu es mon quatrième amant mais mon premier amour, c’est-à-dire le seul véritable. Et dans ce petit seize m² sous les toits de Paris, je rêve déjà qu’au moment des cinq dernières minutes, tu sois toujours là, à deux, trois pas de moi. Alors je vais fermer les yeux, et plonger dans l’infini de cet instant où tout va se jouer.

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