Tunnel

Que sont-ils devenus ces deux enfants ? Sont-ils encore en vie ? Ont-ils eu la chance de survivre ? Sur cette photo en noir et blanc jaunie ils semblent si fragiles. Une forêt de grands hêtres dresse ses troncs tout autour d’eux. Si grands ces arbres. Et eux, si frêles. Engoncés dans des manteaux d’hiver trop petits, ils se tiennent par la main serrés l’un contre l’autre. Leurs visages sont sérieux. Le sérieux de ceux qui savent mais qui se taisent. Une brume de novembre court, glacée. Elle rampe sur le sol humide. Les arbres sans feuilles grincent sous le vent qui y joue une musique triste. Le garçon et la fillette ont tous les deux les cheveux très courts. Ils sont tondus, peut-être. Leurs yeux sont noirs, immenses. Je les regarde et je frissonne. Au fond à gauche un tunnel obscur ouvre sa bouche noire. J’entends des voix lointaines, une sirène, le rythme d’un train qui mugit dans l’hiver.

Mais seul, juché sur une souche, il y a cet étrange personnage qui danse au ralenti les pulsations du silence. Ses vêtements colorés font une fontaine de lumière. Ses mouvements font jaillir en spirale le jaune du soleil, le rouge de la vie, le bleu du ciel, le vert du printemps, et illuminent soudain le visage des enfants qui sourient à présent. Hommage à Jodo !

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